La lanterne à gaz de Beauregard
Le réverbère à gaz installé depuis quelques temps sur l’immeuble Grand’Rue 10, Pension
Beauregard, à Fleurier a été donné par la commune de Fleurier à son musée en 1923.
Bien que l’électricité comme moyen d’éclairage public ait été adoptée en 1896, il a
fonctionné jusqu’en 1918, date à laquelle la pénurie de houille s’est cruellement fait
sentir.
Découvrant cet objet au Musée, M. Jacky Geiser eut l’idée de le restaurer et de le faire
fonctionner en collaboration avec le distributeur de gaz Viteos. Ainsi, un collaborateur
de cette entreprise, M. Alfred Anker, passa pas mal d’heures prises sur son temps libre, à
se documenter puis à nettoyer, restaurer et remettre cet objet en état. Ensuite, M. Geiser
procéda à son installation sur la façade du Musée.
Dès le premier quart du 19ème siècle, toutes les grandes villes d’Europe, telles Londres,
Paris, Bruxelles ou Bordeaux se dotèrent de l’éclairage public au gaz. Chez nous il fallut
attendre les années 1860.
Le gaz de ville obtenu par distillation de la houille avait, semble-t-il, un meilleur pouvoir
éclairant que notre gaz naturel actuel. Les becs de gaz devaient chaque soir être allumés
par un allumeur de réverbère.
Le réverbère de Fleurier , -cité horlogère -, est doté d’une minuterie et d’un mécanisme
fonctionnant environ une semaine et permettant d’ouvrir ou de fermer l’arrivée de
gaz à heures programmées. Grâce à une petite veilleuse allumée en permanence, le gaz
s’enflamme à son arrivée. Il devait être sur un pied et non sur un support mural.
A notre connaissance, il n’en existe pas d’autres fonctionnant en Suisse romande. C’est
donc un cadeau tout à fait original que MM. Geiser et Anker nous ont fait.
Le Musée se propose d’allumer cette lanterne dans certaines occasions particulières.
En l’occurrence, le 1er Mars, prochain, on pourra venir dès 19h00 pour découvrir ce
nouveau point lumineux, partager le verre de l’amitié et déguster une lichette de sèche
au beurre.
Note : pour les personnes intéressées par le sujet, une visite sur le site :
http://lumiara.perso.neuf.fr/lumiara/fr/patfr.htm montre qu’il existe en France des
cercles de gens passionnés par ces éclairages d’antan.
Laurence Vaucher
